mercredi 22 mars 2017

textes de Platon au Bac philo

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textes de Platon au Bac philo

 

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Athènes Acropole est

 

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Hermès Praxitèle

 

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Athènes prison de Socrate

 

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temple

 

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Corinthe

 

 

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Hippias mineur, par Baudouin Decharneux

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Hippias mineur, par Baudouin Decharneux

(extrait de Socrate l'Athénien ou de l'invention du religieux, 2016)

 

Achille   Ulysse
Achille                                 Ulysse

 

L'Hippias mineur (...) est classiquement considéré comme un texte de jeunesse, parfois qualifié de maladroit, mettant en scène un Socrate fort proche des philosophies sophistique et mégarique. Ce dialogue prend pour point de départ un passage de l'Iliade d'Homère présentant Achille, le guerrier droit et valeureux entre tous, comme supérieur à Ulysse, l'homme habile et rusé (Iliade, IX, 308-314). Hippias, en bon sophiste, défend la thèse classique, celle de l'argument fort qui soutient le caractère supérieur de la vertu d'Achille, tandis que Socrate propose d'examiner cette thèse sans a priori, la soumettant tout simplement à la rigueur du questionnement et au feu croisé de questions qui sont aussi des objections.

En effet, l'opinion commune soutient que tromper quelqu'un, c'est commettre une forme de mal ; or, Ulysse agit de la sorte de sa propre volonté et d'une façon raisonnée. Il apparaît ainsi que celui qui possède la compétence de choisir serait à l'origine d'un mal, tandis que l'autre, ignorant les tenants et aboutissants de la situation, peut certainement être qualifié de bon. Le savoir serait ainsi du côté du mal et l'ignorance du côté du bien, ce qui ne peut être soutenu du point de vue philosophique.

Comme l'a bien souligné Luc Brisson, Platon joue ici sur l'adjectif agathos (bon) et sur le superlatif aristos (meilleur) qui tantôt revêt un sens technique (compétence/faire preuve de compétence), tantôt un sens éthique (conduite/adopter une bonne conduite). Notre propos n'est pas ici de clarifier l'enjeu à proprement parler philosophique du dialogue, mais bien de faire état de la méthode socratique.

Après avoir fait l'éloge d'Hippias et de sa patrie Élis, les protagonistes placent au centre du débat l'argument défendu par le sophiste. Sûr de son fait, ce dernier répète clairement la thèse qu'il soutient et du même coup s'expose à la redoutable ironie socratique, comme il apparaît dans les lignes qui suivent :

  • Hippias - (...) J'affirme en effet qu'Homère a représenté Achille comme l'homme le meilleur parmi ceux qui se sont rendus en Troade. Nestor comme le plus savant. Ulysse comme le plus double.
    Socrate - Excellent, Hippias ! Mais sois gentil avec moi et ne te moque pas de moi, si je comprends avec difficulté ce qu'on dit et si je répète plusieurs fois mes questions. Essaie de me répondre avec calme et douceur.
    Hippias - Il serait bien honteux, Socrate, que je ne sois pas disponible à ton égard lorsque tu m'interroges et que je ne réponde pas avec calme, moi qui justement l'enseigne à d'autres et qui attends d'être payé pour cela.

D'un côté Hippias, le sophiste, dont on ne manque pas de rappeler qu'il fait métier de l'art de parler et raisonner ; de l'autre Socrate, le cherchant, qui s'assigne pour tâche d'interroger afin de mieux apprendre.

Hippias a défini le trompeur, en ce cas Ulysse, comme un homme savant et capable de tromper ; si la définition a le mérite d'être cohérente, elle n'en est pas moins contradictoire par rapport à la thèse qu'il défend. Il apparaît alors au fil du raisonnement que celui qui est le plus capable en calcul est aussi celui qui est le plus capable de tromper ; de même, le raisonnement est extrapolable en géométrie, en astronomie et pour toutes les sciences. Toutefois, le sophiste fait observer qu'il faut distinguer celui qui trompe involontairement (en l'occurrence Achille) et celui qui le fait intentionnellement (en l'occurrence Ulysse) ; or, il est apparu au fil du dialogue qu'un homme agissant volontairement est meilleur qu'un homme agissant involontairement. En bonne logique, Ulysse est donc meilleur qu'Achille.

Le bon coureur est celui qui court bien, le bon lutteur est celui qui est capable de maîtriser son corps, le bon chanteur est celui qui chante juste, le bon archer est celui qui touche intentionnelement la cible. Un cheval, possédant une bonne âme, pourra être monté bien ou mal par un cavalier, tandis que le cheval ne possédant pas une belle âme (susceptible de se comporter bien ou mal) ne pourra jamais être dressé conformément aux usages de l'art équestre. Les exemples peuvent être multipliés à l'envi. Le sophiste ne peut soutenir plus longtemps sa thèse : "c'est à l'homme qui est bon qu'il revient de commettre l'injustice volontairement, et, à l'homme qui est mauvais de le faire involontairement". La conclusion est pour le moins étrange, les deux protagonistes en conviennent.

Socrate admet volontiers errer çà et là sur ces questions et ne pas rester du même avis : "(...), il n'y a rien de surprenant que moi et tout autre ignorant errions de cette manière ; mais si c'est vous-mêmes, les savants, qui errez, nous en subirons aussi des conséquences fâcheuses, s'il est vrai qu'il nous devient impossible, même en ayant recours à vous, de mettre fin à notre errance" (Platon, Hippias mineur, 369c ; trad. française, Luc Brisson).

Tous les traits caractéristiques du Socrate platonicien sont passés en revue au fil de ce dialogue : la primauté à la méthode dialogique, la maïeutique en tant qu'art d'accoucher l'esprit d'une vérité qu'il connaît mais ne sait exprimer, le questionnement serré par rapport à une proposition tenue pour vraie, l'ironie en tant que méthode mettant en évidence que le savant (celui qui sait) en fait est ignorant et ce d'autant plus qu'il ignore l'être, la quête d'une définition permettant de saisir l'idée en soi, la conclusion aporétique entraînant la perplexité des protagonistes.

C'est que Socrate, à la différence du sophiste, sait qu'il ne sait rien. C'est aussi qu'il oriente la discussion non en fonction du caractère jugé fort d'un argument, mais vers la quête d'une vérité qui dépasse le caractère relatif de la valeur de tel ou tel argument, car seul celui qui connaît la vérité est capable de dire ce qui est juste ou de mentir (367c-d).

C'est donc la définition de l'idée en soi qui est l'objet de la quête philosophique, car elle seule permet d'établir si un argument est vrai ou faux. Aussi, si l'enseignement socratique est prioritairement un questionnement sur l'éthique, on ne perdra pas de vue que sa dialectique tend vers la recherche de la vérité.

Baudouin Decharneux

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vendredi 10 mars 2017

Spinoza, Dans un État démocratique

Spinoza Traité couv

 

 

Bac 2015, série ES

"Dans un État démocratique, des ordres absurdes ne sont guère à craindre, car il est presque impossible que la majorité d’une grande assemblée se mette d’accord sur une seule et même absurdité. Cela est peu à craindre, également, à raison du fondement et de la fin de la démocratie, qui n’est autre que de soustraire les hommes à la domination absurde de l’appétit et à les maintenir, autant qu’il est possible, dans les limites de la raison, pour qu’ils vivent dans la concorde et dans la paix. Ôté ce fondement, tout l’édifice s’écroule aisément. Au seul souverain, donc, il appartient d’y pourvoir ; aux sujets, il appartient d’exécuter ses commandements et de ne reconnaître comme droit que ce que le souverain déclare être le droit. Peut-être pensera-t-on que, par ce principe, nous faisons des sujets des esclaves ; on pense en effet que l’esclave est celui qui agit par commandement et l’homme libre celui qui agit selon son caprice. Cela cependant n’est pas absolument vrai ; car en réalité, celui qui est captif de son plaisir, incapable de voir et de faire ce qui lui est utile, est le plus grand des esclaves, et seul est libre celui qui vit, de toute son âme, sous la seule conduite de la raison".

SPINOZA, Traité théologico-politique (1670)

 

 

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